Être rappelé(e)
05 janvier 2023 par Benoît LEVESQUE

Que sera demain le marché de l’électrique en occasion ?

Un marché de l’occasion porté par la pénurie de voitures neuves

Mois après mois, le prix des voitures d'occasion en France poursuit son ascension. Bridés par une pénurie persistante de semi-conducteurs, les constructeurs sont contraints d'interrompre périodiquement leurs chaînes d'assemblage. De nombreux clients se sont logiquement reportés sur le marché de la seconde main, plutôt que de subir des délais de livraison à rallonge et des prix qui s’envolent (+ 21 % sur les trois dernières années pour les voitures neuves, selon AAA Data). Dans le même temps, la baisse des immatriculations de voitures neuves réduit mécaniquement le nombre d'occasions récentes arrivant sur le marché. A cela s'ajoute la prolongation des contrats de leasing, faute de disponibilité de nouveaux modèles. Conséquence, l’assèchement du marché de l’occasion a provoqué un recul de 13 % du nombre de transactions depuis le début de l'année. 

Un marché de l’occasion électrique et hybride encore limité

Ce n’est pas le cas du marché de l’occasion électrique et hybride qui continue sa progression, mais dans des volumes réduits, même si les constructeurs semblent avoir intégré une stratégie pérenne de vente de véhicules d’occasion électriques et hybrides. Ainsi, dès 2016, Nissan a lancé son label Club Occasions Véhicules Électriques et Renault démarré le programme de revente de la Zoé. Du côté des consommateurs, la demande progresse, mais reste limitée. La faute à une offre encore réduite (les véhicules électrifiés sont plus récents), à un pricing important et aux interrogations qui subsistent sur l’utilisation de l’électrique.

L’occasion électrique, une bonne idée ?

L’occasion électrique, est-ce une bonne idée ? Derrière cette question se cache l’interrogation sur l’état de la batterie achetée. Dans le cadre d’une utilisation « normale » (environ 10 000 km par an), une voiture électrique peut rouler plus de 10 ans sans perdre plus de 25 % de son autonomie. Et les performances des véhicules mis en circulation après 2013 sont encore meilleures. Toutefois, l’enjeu n’est pas tant d’aller chercher une autonomie identique à celle des voitures thermiques, mais plutôt d’optimiser le temps de charge. Plusieurs facteurs devraient y contribuer dans les années à venir :

  • L’accélération du déploiement de bornes de recharge. La France compte 1, 1 million de bornes au total, dont 70 000 dans l’espace public (le gouvernement mise sur 100 000 à la fin du 1er semestre 2023). Le plus grand nombre est installé à domicile et en entreprises. A l’image de Tesla, les constructeurs pourraient affecter des moyens pour accélérer le déploiement de bornes de recharge rapides.
  • Selon une étude réalisée par le cabinet Bain & Company, les solutions intelligentes de gestion de l'énergie généreront les bénéfices les plus importants dans le secteur de la recharge des voitures électriques, en particulier pour la recharge à domicile et sur le lieu de travail, via des technologies telles que le Vehicle-to-Grid (V2G).
  • L’optimisation de la recharge en elle-même devrait faire converger les temps de recharge des véhicules thermiques et électriques, avec un temps de recharge moyen s’établissant autour de 5 à 10 mn.
  • Les constructeurs ont engagé des plans d’investissement massifs pour construire leurs propres batteries et assurer ainsi leur indépendance vis-à-vis de la Chine. C’est le cas, notamment, dans les Hauts-de France, où une « vallée de la batterie » doit accueillir trois gigafactories. Automotive Cell Company, groupement constitué par TotalEnergies, PSA, Opel et Mercedes, s’est doté d’une capacité de production de 300 000 batteries par an, sur le site de Stellantis à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Une autre gigafactory, d’une capacité de 9 GWh par an en 2024, doit voir le jour sur le pôle "ElectriCity" de Renault, près de Douai. Enfin, la start-up grenobloise Vektor, soutenue par Renault, Schneider Electric et Arkema, va investir près de 2, 5 milliards d’euros pour implanter un site de fabrication de cellules de batteries bas-carbone à Dunkerque.
  • La voiture électrique peut dès à présent constituer une source de stockage et d'alimentation en électricité : les véhicules V2H (vehicule-to-home) permettent de réinjecter dans le réseau électrique du domicile ou sur le réseau général une partie de l'électricité stockée dans les batteries de la voiture.
  • L’utilisation des intelligences artificielles, via notamment le GPS, permettra d’optimiser les itinéraires en prenant en compte le temps de recharge nécessaire pour finir le trajet.

Tester l’électrique grâce à la location

La location de courte, moyenne et même longue durée permet d’expérimenter la conduite électrique, de voir si celle-ci est adaptée à ses usages et de tester plusieurs modèles.  

Anticipant ces évolutions, les marques du groupe Sepamat, Europcar Atlantique, Loc Eco, marguerite, Formule LLD, Formule Autopartage, ont intégré une vaste gamme de véhicules électrifiés (électriques et hybrides) dans leurs flottes, y compris des véhicules utilitaires.

L’écosystème autour de l’électrique prend forme en France. Il faudra sans doute encore un peu de temps pour que les volumes de transaction de l’électrique atteignent une part significative du marché de l’occasion, mais il y a fort à parier qu’elle finira par l’atteindre.

Benoît LEVESQUE Responsable Commercial